Publié par Jean-Sébastien Grond le 14 octobre 2011 à 20h52

Fabrice et Jérôme Jeannet: "De vrais passionnés"

Barrière Poker

Jérome et Fabrice Jeannet, les deux managers de l'équipe Barrière Poker, ici avec Jacques Zaïcik, le "mentor" d'ElkY. (Photo JSG)

Fabrice et Jérôme Jeannet: "De vrais passionnés"

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Réduite à 4 éléments (Pedro Canali, Rémy Biechel, Adrien Allain et Barbara Martinez), l'équipe Barrière Poker reste suivie par ses managers Fabrice et Jérôme Jeannet. Les deux champions olympiques d'escrime nous ont expliqué leur rôle avec les joueurs professionnels, lors des World Series of Poker à Cannes.

Jérôme, Fabrice, comment se déroule votre première année en tant que managers de l'équipe Barrière Poker ?
Jérôme: Pour des raisons budgétaires, il n'a pas été possible d'être à Las Vegas aux World Series. Les membres de l'équipe auraient aimé. Les WSOP Europe, c'est donc notre premier grand événement dans notre fonction. Le travail est vraiment sympa. C'est un job à plein temps, une activité principale que l'on prend très au sérieux.
Fabrice: En tant que manager, nous offrons une partie de coaching sportif et mental aux joueurs. Ensuite, nous avons tout un tas d'activités annexes, comme mettre en relation différentes entitées de la boîte. Enfin, sur place, comme ici à Cannes, nous avons un peu de logistique.

Justement, pour ces WSOP Europe, qu'avez-vous planifié avec les joueurs ?
Fabrice: Généralement, on programme des séances, mais, les veilles de tournoi, c'est surtout à la carte. Chacun vient nous demander ce qu'il peut faire comme préparation sportive. Sinon, quotidiennement, nous sommes présents pour échanger avec eux. Ils viennent souvent nous voir pour parler.
Jérôme: En fait, on ne peut pas trop imposer un planning, car ils ont tous une manière différente d'aborder les tournois. On a essayé, mais ça ne convenait pas à tout le monde. D'ailleurs, lors des tournois, s'ils ne font pas de sport, ce n'est pas grave, l'important étant de rester en forme.

Vous avez découvert ce monde particulier du poker. Qu'en pensez-vous ?
Jérôme: Avec notre équipe, nous avons une grande chance. Nous n'avons pas le profil du jeune de 21 ans qui fait la fête tout le temps et qui est fatigué sur son tournoi. Adrien (Allain), par exemple, a vraiment la tête sur les épaules malgré son jeune âge. Leur hygiène de vie n'est pas horrible. Elle n'est pas irréprochable, mais elle est satisfaisante dans ce milieu. On ne part pas de zéro avec eux. Ils n'ont pas trop de mauvaises habitudes. Notre relation s'améliore toujours un peu plus chaque jour.
Fabrice: Dans le poker, on retrouve des personnes venant de tout horizon. C'est assez intéressant, car nous ne sommes pas cantonnés aux mêmes personnes. Des chefs d'entreprise, des pères de famille et des jeunes d'internet se côtoient. La population est très vaste.
Jérôme: D'ailleurs, on voit de plus en plus de joueurs qui se concentrent sur l'aspect compétitif des tournois. Beaucoup commencent à vouloir se préparer très sérieusement pour bien aborder les tournois. La plupart des professionnels ont déjà un niveau très bon. Ça ne se joue qu'à des détails. Certains veulent donc progresser en ayant une préparation maximale.

"On n'a pas hésité"

Ressentez-vous de la frustration à regarder des joueurs de poker toute la journée ?
Fabrice: En fait, c'est assez instructif de pouvoir les suivre durant les tournois. Ce n'est pas de la frustration, mais, effectivement, cela nous donne l'envie de jouer de temps en temps. Aujourd'hui, nous avons la possibilité de jouer sur nos fonds propres. C'est assez motivant.
Jérôme: C'est vrai, au tout début, nous devions conserver notre rôle de coach. On en a discuté avec nos dirigeants chez Barrière, ils savent que nous sommes passionnés et motivés. On a donc le droit, désormais, de pouvoir jouer en même temps que nos joueurs, si on se qualifie par nos propres moyens. Fabrice a joué l'event numéro 2. De mon côté, je me suis qualifié pour le Main Event. Si on pouvait allier les deux, ce serait la cerise sur la gâteau.

Avec un peu de recul, c'est plutôt improbable de vous voir poursuivre votre vie professionnelle dans secteur comme le poker...
Fabrice: C'est vrai, les sportifs se tournent souvent vers leur discipline, en devenant dirigeant ou consultant. Nous avons eu l'opportunité d'intégrer un milieu en pleine expansion. On n'a pas hésité.
Jérôme: Oui, car nous sommes de vrais passionnés ! Notre job est royal. Certains sont devenus ministres, pas nous. On aimait déjà le poker lors de notre carrière. Travailler dans ce milieu désormais, c'est l'idéal.

Enfin, avez-vous discuté avec Stéphane Matheu, le manager des Winamax ?
Jérôme: Oui, on échange quand on se croise. Mais son métier est plus complexe. Il a davantage de travail au niveau logistique et, plus globalement, il doit gérer une équipe d'une dizaine de joueurs.

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