Directeur de tournois (*) des World Series of Poker depuis 2005, l'Américain Jack Effel est devenu l'une des figures du poker moderne. IlovePoker.fr a rencontré ce passionné de poker à Cannes, lors des WSOP Europe. L'occasion pour lui de revenir sur le grand succès de cette édition 2011 de la déclinaison européenne des championnats du monde.
Jack, parlez-nous de la réussite des World Series of Poker Europe depuis vendredi dernier.
C'est un énorme succès. Sur les premiers tournois disputés, on a dépassé les attentes au niveau de l'affluence. Certains tournois ont même augmenté de 50% par rapport à l'an dernier. Les grands noms ont répondu présent sur cette légendaire Croisette, en pleine French Riviera connue dans le monde entier. Les installations sont magnifiques. Il y a de l'élégance dans ces hôtels. C'est chic ! Les joueurs sont dans des conditions idéales, ils s'amusent beaucoup, ils peuvent vraiment bien manger. Il y a de nombreux restaurants, la météo est superbe pour un mois d'octobre, on peut aller à la plage. En matière de poker, les tournois sont bons, il y a beaucoup d'argent en jeu. Les deux premiers vainqueurs ont fait le tour de la Croisette avec leur bracelet et plein d'euros dans les poches. En conclusion, nous sommes extrêmement bien ici.
Etait-ce important de changer de lieu ?
Oui. L'idée, pour les WSOP Europe, c'est d'être européen. On continue de découvrir un bel endroit du Continent. Après Londres, c'est Cannes qui accueille l'évènement. Ce sera peut-être autre part dans 5 ans. Pour l'instant, notre partenariat est excellent avec Barrière. Tout est magnifique.
En dix ans sur le circuit, vous êtes devenu l'un des plus respectés directeurs de tournoi. Comment vivez-vous cette reconnaissance ?
J'ai envie d'insister sur le fait que je travaille encore sérieusement. C'est mon métier, je le fais avec passion et application. Les WSOP sont faits pour satisfaire les joueurs, les passionnés de poker. Il y a d'excellents tournois, de bonnes conditions de jeu. C'est pour ça que ma fonction me donne de l'importance. Je suis heureux de faire partie d'une excellente équipe, avec des équipiers intelligents. Notre but est de rester leader, de rester la référence. On a su imposer notre marque WSOP, de Las Vegas à Cannes en passant par Londres. Ma petite popularité n'est qu'une résultante de ce travail d'équipe. Je suis honoré de ce respect qu'ont les joueurs à mon égard.
"Je fais partie des souvenirs des joueurs"
Quels moments retenez-vous de votre parcours de directeur de tournois ?
J'ai beaucoup de bons souvenirs. En travaillant sur les WSOP, j'ai connu les plus gros tournois de l'histoire, j'ai remis tellement de bracelets lors de cérémonie festive. Je fais partie des souvenirs des joueurs et c'est mon plus bel accomplissement. Les champions se souviendront tout le temps du cadre, du casino, de leurs adversaire et des organisateurs.
Vous avez notamment dirigé la plus longue finale des WSOP, celle d'Antoine Saout en 2009...
Évidemment, je m'en rappelle, c'était passionnant et nous étions si fatigués (la finale s'était interrompue au petit matin). Chaque année au Rio, la finale du Main Event (le tournoi principal, qui désigne le champion du monde) est mémorable. J'ai également en tête le sacre de John Juanda, il y a 3 ans aux WSOPE à Londres. Cela s'était fini à 9 heures du matin. Puis j'ai eu la chance d'introniser Erik Seidel et Dan Harrington l'an dernier, au Poker Hall of Fame. En fait, mon plus beau souvenir reste le tête-à-tête entre Johnny Chan et Phil Laak, en 2005 (à un 2 500 dollars Pot Limit Hold'em des WSOP). Ce dernier faisait le spectacle, n'arrêtait pas de bouger et avait lancé: "Oh mon Dieu, je joue contre Johnny Chan !" C'était au début de ma carrière, donc c'est resté dans ma mémoire.
Enfin, pour quelles raisons avoir instauré un nouveau format, intitulé split (**), aux WSOPE de Cannes ?
C'est quelque chose de nouveau, d'excitant. Nous tentons toujours d'innover. Tout le monde connaît le format en tête-à-tête (employé l'an dernier à Londres). Personne n'a encore découvert le split. Il faut bien essayer une première fois.
(*) Un tournament director s'occupe notamment d'établir la structure ou la répartition des gains. Il décide également du rééquilibrage des tables (permanent en tournois, au rythme des éliminations), et peut être amené à décider du sort d'une main lorsque un ou des joueurs ont commis une faute (en misant alors que ce n'est pas leur tour, en dévoilant les cartes trop tôt). En table finale d'un événement, c'est lui qui annonce au micro les différentes actions des joueurs.
(**) Dans ce format, les joueurs disputent le premier jour sur des tables pleines, à 9 joueurs maximum. Le deuxième jour laissera place à un tournoi à 6 joueurs maximum par table. Enfin, les 16 derniers s'affronteront en tête-à-tête pour empocher le bracelet.
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