Publié par Jean-Sébastien Grond le 11 janvier 2012 à 10h17

Thibaud Guenegou, de prof de maths à joueur sponsorisé

Rencontre avec...

"Thibavol", vainqueur de plus de 200 000 euros sur le circuit en 2011, ici avec 300 amateurs lors du MTG Poker Tour 05. (Photo JS Grond)

Thibaud Guenegou, de professeur de maths à joueur sponsorisé Bwin

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Présent au Montgenèvre Poker Tour, événement soutenu par son sponsor Bwin, Thibaud Guenegou, excellent joueur en ligne et récent finaliste du World Poker Tour Amnéville, revient pour ILovePoker.fr sur ses 6 premiers mois en tant que joueur sponsorisé chez l'opérateur (avec qui il a remporté un casting en juin dernier). L'occasion ainsi de découvrir le parcours étonnant de celui qui était professeur de mathématiques en université il y a encore un an et demi.

Thibaud, votre parcours en tant que joueur sponsorisé Bwin a très bien démarré, avec une 12e place (pour 67 500 euros) lors des World Series of Poker Europe à Cannes, en octobre, et une 3e place au World Poker Tour Amnéville (pour 113 580 euros), deux semaines plus tard. Racontez-nous.
C'est super bien parti. En plus de quelques bons résultats en ligne, j'ai réussi deux grandes performances sur le circuit. A Cannes, j'ai été déçu de ne pas arriver en finale. Le tournoi a été très dur, très relevé, avec de gros joueurs internationaux. Lors du dernier jour, j'ai craqué physiquement et mentalement. Je n'ai pas joué mon meilleur poker et, à ce niveau, une erreur se paie cash. C'est finalement à Amnéville, 15 jours plus tard seulement, que j'ai accompli un objectif que je m'étais fixé, à savoir atteindre une table finale d'un tournoi majeur. Même si les WSOP Europe étaient plus prestigieuses, cette 3e place reste ma meilleure performance. J'ai eu de la chance de débuter de cette manière. Mon sponsor est évidemment très content.

"L'expérience joue beaucoup"

Ces deux performances ont effectivement montré que vous étiez un bon choix lors du casting...
J'ai connu une belle transition. Quand Bwin m'a choisi, j'avais de l'expérience en ligne et je participais à la communauté du poker en ligne. J'ai travaillé sur ce passage vers les tournois du circuit. C'est de la chance, mais aussi du travail. J'avais à cœur de montrer que je n'avais pas gagné ce casting pour rien.

Sur quels aspects par exemple ?
Un tournoi live est plus long, il faut être plus patient et c'est dur physiquement. Un tournoi se travaille à la table mais aussi avant. Techniquement, je pense être au point, mais l'expérience joue beaucoup. Je pense qu'il y a un écart encore important avec d'autres joueurs comme Arnaud Mattern.

Concernant la préparation par exemple, vous avez dû en parler à quelques joueurs du circuit...
J'ai beaucoup échange sur le rythme de vie avec Adrien Allain, Tristan Clémençon et Marc Inizan notamment. C'est certain, il y a de la préparation physique. Certains se forcent à courir durant 3 jours. J'ai eu l'occasion d'en parler à Jérôme Jeannet, qui joue ce rôle de manager chez Barrière Poker. A Cannes par exemple, la dépense d'énergie avait été énorme durant 5 jours. Après 5 jours de tournoi, on voit que l'expérience d'un joueur qui sait se préparer joue beaucoup.

Qu'espérez-vous pour 2012 et vos 6 prochains mois de sponsoring ?
Contractuellement, je suis lié jusqu'aux World Series à Vegas. Après, j'espère que ça se poursuivra. Bwin ne sait pas encore s'il va faire un second casting. J'ai gagné une enveloppe de 100 000 euros de tournois. J'ai encore l'occasion de jouer de très beaux évènements. J'ai la même approche, la même envie. Je dirais même que je suis encore plus motivé après mes deux belles performances. Maintenant, en plus de gagner de l'argent, qui est l'objectif d'un pro, j'ai envie de victoire, de ressentir cette joie, même sur un petit tournoi secondaire. Je prends l'exemple de mon ami Aubin Cazals (élu joueur de tournois en ligne par le Club Poker, ndlr), qui a gagné un side au WPT Dublin, la semaine dernière. On a connu une joie superbe.

"Les maths, seulement une composante du bon joueur"

Pour revenir sur votre parcours, vous avez débuté le poker alors que vous étiez lancé dans la vie professionnelle...
Je travaillais déjà effectivement quand j'ai commencé. J'étais assistant professeur de mathématiques, un poste assez poussé, à l'université de Genève. Peu de temps après mon embauche, j'ai commencé à jouer en ligne, il y a 5, 6 ans, alors que le poker commençait à prendre de l'ampleur. Auparavant, je n'avais pas eu beaucoup de temps. J'avais fait Normal Sup'. J'ai pu jouer de l'argent très rapidement grâce à ma situation professionnelle.

Le choix de quitter votre travail a-t-il été compliqué ?
Oui. J'ai concilié les deux durant un bon moment. J'ai quitté mon boulot il y a seulement un an et demi et je joue au poker à un haut niveau depuis 3 ans. Quand je me suis rendu compte que le poker me prenait plus de temps, qu'il me permettait de gagner des sommes d'importance, j'ai tenté la transition. C'était un pari personnel pour 2 ans. Finalement, l'arrêt du travail m'a permis de prendre plus de temps pour progresser.
 
Les mathématiques font-ils gagner au poker ?
C'est seulement une des composantes du bon joueur. Il n'est pas obligatoire de connaître les maths poussés pour gagner. Les statistiques aident dans le jeu, mais ce sont des connaissances de collège ou lycée. Les maths permettent de comprendre quelques mécanismes. Mais la patience, la psychologie, l'agression, le feeling sont des aspects tout aussi importants.

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